Les MJC, 70 ans de culture populaire

Près de 1300, c’est le nombre de Maison des jeunes et de la culture en France Quelle place occupe la culture dans le débat présidentiel ? Pour le magazine Télérama, elle est la grande absente des programmes des candidats. En février dernier, l’hebdomadaire interrogeait les prétendants à l’Elysée avec un livre blanc contenant les propositions du monde culturel. Leurs réponses seront publiées ce mercredi. A la fin de la seconde guerre mondiale, l’éducation culturelle était l’une des priorités du gouvernement français. Dès 1945 et sous l’impulsion de Jean Guehenno, directeur de la culture populaire et des mouvements de jeunesse, les MJC vont se multiplier. Les jeunes s’y réunissent alors pour se distraire, débattre et participer à toutes sortes d’ateliers. Pour le gouvernement, l’alternative culturelle était LA solution pour aider la jeunesse française. Maurice Herzog est l’autre personnage clé de l’évolution rapide du réseau des MJC. Haut commissaire, puis secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports de 1958 à 1966, il appuiera le développement de ses associations en favorisant leur financement. Le parc des MJC passera de 262 unités en 1960 à 1200 unités 8 ans plus tard. Le dialogue sera ensuite plus difficile entre la Fédération Françaises des MJC et les successeurs de Maurice Herzog. Après ce développement fulgurant, seules 200 structures verront le jour jusqu’en 1981. Les vagues successives de scissions de fédérations régionales dans les années 80 et 90, fragiliseront aussi l’économie des MJC qui ne seront plus que 650 en 1992. Aujourd’hui, 2 fédérations nationales regroupent environ 1300 MJC. Dès les années 60, certaines unités ont la volonté de s’ouvrir à toutes les catégories d’âge et deviennent alors Maisons pour tous. Les MJC françaises sont rattachées au ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et réunissent aujourd’hui près de 6 millions d’usagers occasionnels, près de 560 000 adhérents, plus de 23 000 bénévoles et génèrent 17 500 emplois sur tout le territoire. Des emplois et des structures soumis aux subventions municipales et autres institutions territoriales. En 1994, les MJC de Toulouse rencontraient des difficultés de financement et étaient menacées. En 2015, la Fédération régionale des MJC en Ile de France tirait la sonnette d’alarme. Selon elle, face aux restrictions budgétaires des municipalités et aux baisses des dotations de l’Etat aux collectivités, les subventions aux antennes franciliennes avait baissé de 5 à 20%.

Sources Ina/Télérama