Votre coin de ciel bleu

Pour faire face à toute cette grisaille ambiante…

La MJC/Centre Social lance un appel à la résistance poétique!

Envoyez nous vos vidéos, photos, écrits sur « votre coin de ciel bleu à vous ! » (Jardin secret, petits bonheurs, bouffée d’air pur qui vous permettent de vous évader…) à mjclestudio.animation@gmail.com

Vos œuvres seront diffusées sur notre site internet www.mjclimours.fr et vos textes seront lus à la radio « radio terre de mixes » 90.1 fm

 

Mon coin de ciel bleu par Huguette Morin.

En cette période où tout bonheur simple, accessible, est à saisir et à cultiver, il ne m’importe pas qu’il soit bleu, je me satisfais de ce qu’il m’offre…

Chaque matin, c’est un de mes premiers gestes, laisser entrer le jour au sein de la maison. Mes pas m’entraînent irrésistiblement vers la porte-fenêtre qui s’ouvre sur le jardin et qui me dévoile l’aspect du jour naissant. Mes regards se portent alors vers le ciel que je n’ai jamais autant observé. Si le monde tourne mal, le ciel, lui, reste imperturbable, d’ailleurs plus limpide car libéré des avions qui l’écorchaient au passage. Le paysage qu’il nous offre reste toujours aussi multiple, ses charmes demeurent, blancheur des nuées et bleu des trouées fugaces, images d’un au-delà qui nous échappe mais visions qui nous grisent par leur diversité et leur mouvance.

Et dans ce jardin, même au plus fort de l’hiver, sillonnant le ciel et venant occuper les arbres de mon domaine, lieu modeste mais qui semble leur convenir, à mon grand profit, des compagnons m’attendent. Des amis ailés qui m’offrent un concert matinal. Ils chantent pour eux-mêmes, ils trillent pour leurs semblables mais il me plaît de penser qu’ils m’associent à leurs échanges. Il m’arrive fréquemment de leur répondre en imitant-maladroitement-leurs notes et mon imagination court : ils m’entendent, ils saisissent le plaisir qui est le mien alors que je m’enivre de leurs mélodies, ils me répondent : les mésanges « psi psi ddu dutent » à l’envie, les merles flûtent sans entraves, les pies se moquent certainement de ma maladresse à prétendre jacasser comme elles, le corbeau- que pourtant je n’apprécie guère- m‘épargne par des croassements plus langoureux qu’agressifs, le pigeon jabotte mais sans s’attarder, filant au-dessus du toit. Toutefois, mon hôte favori, c’est celui qui siège régulièrement au faîte du noisetier, celui que je crois identifier sans me tromper : le pinson ; il me livre sans économie ses longues phrases sonores. Est-ce le même chaque matin, je me plais à le croire, établissant entre nous une complicité qui enchante les premiers instants de ma journée.

La mangeoire que je mets à leur disposition n’est sans doute pas étrangère à l’attraction qui mène ces oiseaux chanteurs et enchanteurs jusqu’à mon jardin mais je veux penser qu’ils viennent pour moi, friands comme je le suis de nos conversations matinales…

Huguette Morin, le 23/02/2021

Mon coin de ciel bleu s’appelle patience – de Maurice

Mon chien suit une piste invisible

Sur ses conseils je sens une feuille
Dans son monde soudain je voyage
 
Le chat pose ses pattes blanches
Et creuse sa place sur mon ventre
Nos battements de coeur s’emmêlent
 
Le cerisier parle avec le vent
Loin des refus je me console
En découvrant tous vos poèmes
 
Le soleil puise ses rayons dans vos rêves
Demain aura ce bleu que j attends
Je secoue mes étoiles…
 
Maurice

Mon coin de ciel bleu – de Christophe Alves

Mes yeux s’ouvrent sur un mur

un horizon de parpaing

une perspective de  no(s) futur(s)

une chanson sans lendemain

Le quotidien lourd

d’un oiseau-enclume

d’un voyageur immobile

d’un gitan statufié

d’un bateau enterré.

je cherche la vie douce

aux couleurs flottantes

d’une vie aquarellée

qui tinte les heures lentes

Je scrute le ciel la tête baissée

dessinant une porte sur ma feuille

ouvrant sur un ailleurs bleuté

qui m’emporte à son seuil

Les yeux à ciel ouvert

un trou bleu

m’envahit.

Un petit coin de ciel bleu trouvé à la MJC.