Du 21/01 au 22/02/2019

Vernissage le 31 décembre à 18h30

Photographies, film, textes : Pauline Riou

 

Ce projet d’exposition « Fragments de vie paysanne » est né au cours d’une expérience de 3 mois dans le Nord-Argentin. A travers cette exposition, mon souhait est de mettre en lumière des instants de vie quotidienne de familles paysannes au mode de vie bien différent du nôtre en termes de coutumes, rapport à la terre, esprit communautaire, pratiques religieuses ou encore habitudes alimentaires. Présenter en image ce territoire et les personnes qui y vivent est une manière également de rendre l’inconnu connaissable, d’en savoir davantage sur cette zone d’Argentine souvent méconnue.

 

Les deux pays sont des pays d’Amérique du Sud; ils font partie du Mercosul, le marché commun d’Amérique du Sud créé en 1985 pour la libre circulation des biens, des services et des personnes.
Au niveau géographique, les deux pays partagent une frontière commune au niveau des provinces argentines de Misiones et Corientes. Ils partagent ainsi un élément patrimonial fort, les chutes d’Iguazu. Situées à 80% en Argentine et à 20% au Brésil, ces chutes ont été classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

En termes de passé colonial, les deux pays ont une histoire qui se ressemble. Avant l’arrivée des européens, des peuples indigènes étaient présents en Argentine et au Brésil comme les Guaranis au Brésil ou bien les Lule Vilelas en Argentine. Au Brésil ce sont les portugais qui ont mis en place un processus de colonisation dans les années 1530 divisant par conséquent le territoire brésilien. En Argentine, ce phénomène de colonisation a été effectué par les espagnols entre le 16ème et le 17ème siècle. Les deux pays ont donc été colonisés par des pays européens et se sont affranchi du joug colonial à la même période; en 1816 pour l’Argentine et en 1822 pour le Brésil.
Les deux pays ont un passé historique commun;  de 1860 à 1870 ils ont été alliés avec l’Uruguay dans une guerre contre le Paraguay qu’ils ont remportée. Les deux pays ont également été pays de dictature notamment à l’époque du « plan condor » au milieu des années 1970 période durant laquelle une vaste campagne d’assassinat et de lutte anti-guerilla a été mise en place par les services secrets de plusieurs pays d’Amérique du Sud dont le Brésil et l’Argentine.

Au sein des deux pays, la part de la population chrétienne est très importante. Les deux pays ont accueilli sur leur territoire des missions jésuites.
Economiquement, ces deux pays sont émergents et acquièrent au fil des années de plus en plus de place sur la scène internationale. Ceci grâce à leur ressources naturelles, les forêts primaires notamment. Or ces ressources vont de pair avec un constat social et environnemental non négligeable; celui de perte en biodiversité et en terres boisées avec une avancée permanente du front pionnier que ce soit en Argentine (dans le Chaco) où bien au Brésil (en Amazonie). La déforestation progresse toujours plus sur des terres anciennement boisées en vue de réaliser la meilleure production agroalimentaire de soja notamment. En effet l’Argentine et le Brésil sont les deux premiers pays producteurs de soja. Des firmes transnationales ont bien souvent la main-mise sur ces espaces de forêts primaires qu’elles défrichent mettant alors en place une agriculture intensive et pesticidée fondée sur de la monoculture de soja. Ce constat environnemental découle sur un constat social dramatique. Dans les deux pays, de nombreuses familles ou communautés autochtones sont expulsées de leurs terres en vue de réaliser la production de soja. Si à l’échelle internationale, le soja permet aux deux pays de se faire une place dans les échanges commerciaux, à l’échelle locale, ces productions à grande échelle causent des dommages colatéraux et créént des fractures, des inégalités économiques et démographiques fortes
Le Brésil et l’Argentine sont donc tous deux face à un enjeux environnemento-social: la protection des forêts primaires et des communautés locales