En route vers une fréquence FM !?

Préambule…

A l’horizon de cette rentrée 2018-2019, qu’il nous soit permis de croire à cette hypothèse : Le monde des télécommunications est un vaste monde peuplé de grands groupes de presse appartenant pour la plupart d’entre eux à de riches hommes d’affaires.  Seulement, à l’aube de cette saison qui s’annonce riche en couleur, en musique et en rencontre, une poignée d’irréductibles animateurs radio de la MJC de Limours se disent prêt à défendre haut et fort leur programme d’intérêt social de proximité, Radio Terre de Mixes.

Cette petite radio diffusant sur le web se construit et se lance dans l’aventure Radiophonique en l’an 2016. Persuadé que ce projet d’envergure local, au départ, sera trouver écho auprès des populations qui en ont marre des hits à tout va, ou l’esthétique musicale devient plus visuelle qu’auditive.  Radio Terre de Mixes, est née pour donner une dimension humaine à l’outil radiophonique. Ce secteur d’activité transversale de la MJC Centre Social de Limours se veut être le porte-parole de ceux à qui on ne donnerait pas la parole. Elle se veut être l’outil de compréhension de comment exercer sa citoyenneté et pourquoi l’exercer. Enfin elle se veut être un diffuseur de toutes les musiques du monde en travaillant pour une égale dignité des répertoires.

Pourquoi, me direz-vous? Pour renouer des liens que nous avons perdus, pour se parler, pour dire, comprendre, apprendre, apprécier, initier, former enfin éduquer…

 

Un peu d’histoire…

La loi des télécommunications qui régit les fréquences radioélectriques en modulation de fréquences (Les Radio FM) date de 1986 (loi Philippe Léotard), il faut se souvenir qu’avant 1981, les radios et télécommunications étaient sous monopole de l’état, c’est donc dans les années 80 que les radios pirates ancêtres des radios libres, des radios associatives et commerciales que vous connaissez actuellement, ont permis de libérer les fréquences, à l’image par exemple d’NRJ (Nouvelle Radio Jeunes) qui, à l’époque diffusait du rock et autres musiques et qui a réussi à faire pression sur  les autorités notamment parisiennes et ce bien avant qu’elle ne devienne un média coté en bourse.

En effet, cette radio diffusait sur Paris avec un peu trop de puissance par rapport à la légalité en vigueur à ce moment.  L’instance de l’époque, le ministère des télécommunications, avait décidé de les interdire d’émettre. Piqués au vif, les responsables et animateurs de cette radio ont appelé leurs auditeurs à manifester contre cette décision. Et la magie de la radio opéra, près de 300 000 jeunes ont défilé, l’instance a reculé, le gouvernement de l’époque trancha en faveur d’NRJ.

Je ne vous parlerai pas non plus d’un certain «Coluche» qui lança l’idée des « restos du cœur » au micro d’Europe1 dans son émission « il y en aura pour tout le monde » et qui a connu un soutien sans pareil et qui demeure encore aujourd’hui l’un des plus beaux exemples de fraternité et de solidarité dans notre pays.  C’est dire si la radio et un vecteur de communication.

A cette période assez particulière ou finalement aucune régulation n’a été mise en place entre 1984 et 1989 (date de création du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) et où se sont créés des milliers de radios partout en France, dans les territoires, les lycées, les facultés, les associations et radios commerciales en plus desdites « périphériques » comme RTL ou RMC, qui émettaient du Luxembourg pour l’une et de Monte-Carlo pour l’autre, les radios se sont finalement réparties le spectre radiophonique de façon tout à fait anarchique. C’est ainsi qu’en 1989, le CSA, l’instance de régulation indépendante actuelle, va mettre un cadre sur ce spectre radiophonique et créer les catégories de radio.

Cela a son importance car en définissant des catégories de radio, le CSA a surtout pris en compte les différences entre une radio associative et une radio commerciale par exemple. Elles ne font pas le même travail ! Ça permet aussi de protéger le service public comme le groupe Radio France ou encore de développer les radios communautaires et apporter une reconnaissance à chacun.

Ainsi les Radio de Catégorie A sont créée ! C’est donc dans cette catégorie de radio que nous, La MJC de Limours, pouvons appartenir grâce au projet Radio Terre de Mixes. En tant qu’opérateur de l’audiovisuel, nous ferions officiellement partie du paysage Radiophonique Français.

Les 4 autres catégories de radio sont, elles, dédiées à l’aspect commercial et géographique ainsi qu’au service public. Néanmoins cela n’empêche pas une radio associative de faire de la pub. En effet, les radios de Catégories A ont le droit de faire jusqu’à 20% de recettes publicitaires dans son compte de résultat.

En parallèle du développement de la radio en France, des syndicats se sont créés, la SNRL, le Syndicat National des Radios Libres et la CNRA, « la Confédération Nationale des Radios Associatives et Catholiques ». Ces syndicats ont été très précieux dans la mise en place de ces catégories. Ils ont notamment contribué à la création du Fond de Soutien à l’Expression Radiophonique, FSER. Ce FSER est sous la responsabilité des services du premier ministre. Ce fond est financé par une ponction de 1% sur les recette publicitaires des télévisions et radios commerciales. Cette enveloppe budgétaire oscille entre 22 et 27 million d’euros. En France, il doit rester 530 radios associatives qui bénéficient de ce fond de soutien, nous serons peut-être la 531éme…

Qu’est-ce que ça va changer pour Radio Terre de Mixes et la MJC de Limours ?

Cela va permettre de rendre encore plus légitime notre travail de terrain. En effet, être sur la bande FM permet à tout un chacun de se représenter au côté de média comme Nova, RTL ou encore France Musique, de devenir un opérateur audiovisuel incontournable du territoire de l’Essonne, dont le département manque cruellement. C’est-à-dire un vrai média de proximité, relais d’expressions citoyennes et d’informations locales et découvreur de talents locaux.

Notre spécificité en tant que radio de toutes les musiques du monde, en lien avec notre travail d’insertion social et professionnel par l’accueil et la formation de stagiaires et services civiques, est d’être implanté sur un territoire en zone de revitalisation rurale et d’œuvrer entre modernité et tradition.

Le changement principal est surtout la mise en place d’une convention entre l’association MJC de Limours et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Cette convention définira le cahier des charges de la radio et ses engagements en terme de diffusion. Cela signifie qu’une fois signée, nous serons dans l’obligation d’assurer un programme d’intérêt social de proximité. En échange, cela nous rend éligible au Fond de Soutien à l’Expression Radiophonique, ce qui pourrait nous faire bénéficier d’une aide au fonctionnement de la radio de 40 000 euros par an mais également d’être soutenu par la Région Ile de France au titre de l’aide aux radios, à hauteur de 15 000 euros par an.

Ce sera aussi l’occasion pour notre association de développer ses partenariats, notamment en adhérant à la Fédération des Radios Associatives d’Ile de France, la FRADIF. Nous pensons pouvoir apporter une expertise en matière de gestion d’un média local à un échelon régional voir national. Pour information, le Conseil Départemental de l’Essonne, soutient depuis sa création le projet web radio, Radio Terre de Mixes. Celui-ci  nous a renouvelé d’ailleurs sa confiance, cette année encore, en faisant de notre association, le premier centre ressource web radio créé en Essonne.

Une reconnaissance institutionnelle que nous comptons bien valoriser auprès du CSA lors de nos entretiens préalables à la constitution du dossier de candidature. Nous tenons par ailleurs à remercier tous les partenaires du projet Radio Terre de Mixes, à commencer par la commune de Limours qui est un partenaire essentiel du projet, la Communauté de Communes du Pays de Limours, le Lycée Jules Verne de Limours, les Ecoles Elémentaires des Cendrières et Herriot de Limours, le Conseil Départemental de l’Essonne et la Caisse d’Allocation Familiale de l’Essonne, sans oublier la Fondation de France.

Jadis, la ville de Limours avait eu une autorisation d’émettre :

« Par délibération en date du 5 octobre 1998, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé, en application de l’article 28-3 de la loi du 30 septembre 1986 modifiée, d’autoriser l’association MJC Bains-Douches à diffuser un service de radiodiffusion sonore par voie hertzienne terrestre en modulation de fréquence, dénommé Radio Limours, à partir de Limours (91) pendant les journées suivantes : les 17 et 18 octobre 1998 de 10h00 à 20 h00 »

RADIO TERRE DE MIXES, répondra à l’appel aux candidatures !

Tous les 15 ans, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, procède à ce qu’on appelle le plan FM (en l’occurrence 2018) et ainsi à la re-planification des fréquences disponibles ou en attente de renouvellement et ce, en fonction des besoins en ressources radioélectriques sur un territoire. Il a donc mis en place une consultation publique pour définir les besoins en fréquences et va définir les fréquences disponibles dans ce que l’on nomme un appel aux candidatures pour l’exploitation d’un service de radio en modulation de fréquences. C’est dans ce cadre que nous allons candidater.

Il y a trois étapes dans l’injonction de ce dossier. Dans un premier temps, il faudra rédiger un dossier comprenant 6 parties définies par le CSA. Nous aurons un mois et demi pour déposer le dossier complet puis deux mois d’attente pour savoir si celui-ci est recevable.

Si notre dossier passe la recevabilité, il sera alors étudié par 6 collèges qui vont passer en revue toutes les pièces du dossier, de l’administratif à la technique utilisée pour la diffusion, en passant par le détail des programmes.

Si notre dossier retient l’attention des sages du CSA, collège des 9 membres élus du CSA, composé d’anciens sénateurs, de grand producteurs radios, journalistes ou anciennes présentatrices du 13h de France 2, c’est ce qu’on appelle la deuxième phase, la présélection. Elle intervient, en général, dans les 6 à 8 mois après le dépôt du dossier.

Chose importante, si nous sommes présélectionnés alors nous sommes quasi sûrs d’obtenir l’exploitation de la fréquence, il ne restera plus qu’à négocier avec les services du CSA pour la 3eme phase qui est la négociation de la convention avec le CSA.

Enfin, une fois l’autorisation délivrée, l’opérateur a 3 mois pour démarrer la diffusion de ses programmes.

Si l’appel est lancé en septembre 2018, alors nous pourrions, si nous sommes autorisés, commencer à émettre en octobre 2019.

Vous l’aurez compris, ce dossier n’est pas gagné d’avance et l’incertitude sera grande durant presqu’un an mais soyez sûrs qu’une occasion comme celle-ci ne se représentera pas de sitôt.

Nous sommes convaincus de notre légitimité et sommes crédibles, vis-à-vis du CSA. Nous comptons également sur votre soutien : Vous, lecteur de notre plaquette de saison, Vous, adhérents et usagers de l’association, Vous habitants de notre bassin de vie, Vous, partenaires institutionnels de notre beau projet et enfin, Vous, chers auditeurs.

Depuis le début de Radio Terre de Mixes le 19 janvier 2016, nous avons réussi à donner l’envie à plus 1 429 312 d’entre vous d’être à l’écoute de nos programmes ! Continuons ensemble ! Merci à vous !

Radio Terre de Mixes, c’est l’aventure humaine d’un média local, fait par vous et pour vous…